Facho. Les fachos sont de droite. Mais surtout les fachos, c’est toujours les autres. Hitler l’était. Mussolini aussi. Toutes ces banalités ne nous avancent guère sur le sens du mot et son utilisation politique. Voici donc un article pour mieux comprendre l’actualité avant qu’une inflation sémantique ne vide le terme fascisme de tout sens.

Le fascisme est un terme changeant et hautement chargé politiquement. Et depuis que des militants antifascistes ont été mis en cause dans le meurtre du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque, l’utilisation du terme et les récriminations envers les antifascistes n’ont eu de cesse de gonfler.

Il est donc nécessaire de caractériser ce mouvement social et politique au travers de son rapport spécifique au pouvoir, au dirigeant, à l’histoire et à la violence pour situer ces faits et leur traitement politique.

Mais pour comprendre ce qu’est réellement le fascisme, encore faut-il commencer par un problème plus élémentaire : l’usage du mot lui-même.

I – Mais qui est facho ? L’inflation d’un mot politique

Dans le débat public contemporain, le terme « fasciste » fonctionne souvent comme une arme rhétorique. Il sert moins à décrire une réalité politique qu’à disqualifier un adversaire. Cette inflation n’est pas sans conséquence. À force d’être appliqué à des phénomènes très différents que ce soit à l’autoritarisme, au conservatisme, au populisme ou aux violences policières, le mot finit par perdre sa précision analytique. Tout devient fasciste, et par conséquent plus rien ne l’est vraiment.

Or le fascisme possède une histoire précise et un contenu idéologique identifiable. Pour en saisir la nature, il est plus que nécessaire de revenir aux définitions proposées par les historiens. Évoquons quelques approches.

L’historien René Rémond a ainsi proposé une typologie célèbre des droites françaises distinguant trois traditions principales : la droite légitimiste contre-révolutionnaire, la droite orléaniste libérale et la droite bonapartiste autoritaire¹. Cette classification permet de rappeler qu’aucune de ces traditions ne se confond mécaniquement avec le fascisme.

Une autre perspective est donc nécessaire. L’historien allemand Ernst Nolte interprète le fascisme comme une réaction historique au bolchevisme². D’autres chercheurs ont au contraire insisté sur les dynamiques internes aux sociétés européennes de l’entre-deux-guerres, indépendantes du bolchevisme. L’historien Pierre Milza résume ainsi l’une des dimensions centrales du phénomène : le fascisme « se nourrit de la frustration nationale »³.

L’historien américain Robert Paxton insiste quant à lui sur la dimension dynamique du phénomène. Le fascisme ne constitue pas seulement une doctrine mais un processus politique qui se développe par étapes successives : formation de mouvements militants, enracinement dans la vie politique, accession au pouvoir puis radicalisation du régime⁴.

Derrière ces approches se profile une question fondamentale : qu’est-ce qui distingue réellement le fascisme d’une simple droite autoritaire, totalitaire ou nationaliste ?

Pour répondre à cette question, il est nécessaire de revenir aux conditions historiques concrètes dans lesquelles ces mouvements ont émergé.

II – Le fascisme historique : une idéologie née des crises de la modernité

Le fascisme apparaît dans un contexte historique précis : celui des crises politiques, économiques et sociales du début du XXe siècle.

La Première Guerre mondiale, les bouleversements sociaux liés à l’industrialisation, la crise économique et la fragilité des régimes parlementaires créent un terrain favorable à l’émergence de nouveaux mouvements politiques. Cependant, il est important de noter qu’une partie des racines du fascisme se trouve bien avant la première guerre mondiale, notamment au cours de l’affaire Boulanger en France. Ces mouvements fascistes naissent d’abord comme des organisations militantes et paramilitaires avant de conquérir progressivement le pouvoir.

Le fascisme est fondamentalement ultra-nationaliste raison pour laquelle ces mouvements sont de droite. Toutefois, tout nationalisme n’est pas fasciste. La distinction est essentielle : le fascisme ne se contente pas d’exalter la nation, il prétend la régénérer par une transformation radicale de l’ordre politique et social. Dans de nombreux cas, cette dynamique s’appuie sur un sentiment d’humiliation nationale : la défaite militaire, la perte de puissance ou la crise économique nourrissent l’idée d’une nation trahie ou déclinante. Pierre Milza souligne ainsi que le fascisme prospère dans les sociétés où s’est installée une frustration nationale profonde.

Ensuite, pour ce qui est de l’origine socio-économique des plus forts partisans du fascisme, il est nécessaire de rompre avec une idée largement répandue : non, les régimes fascistes ne sont pas arrivés au pouvoir uniquement par l’adhésion populaire. Les travaux de l’historien Johann Chapoutot rappellent que l’accession d’Adolf Hitler à la chancellerie en 1933 fut largement le produit de calculs politiques opérés par les élites conservatrices allemandes⁵. Effectivement, les milieux industriels, militaires et administratifs espéraient utiliser le mouvement nazi pour stabiliser la situation politique face à la montée du mouvement ouvrier.

Le fascisme ne surgit donc pas « par le bas ». Il résulte souvent d’alliances opportunistes entre des mouvements de masse radicalisés et des élites économiques ou politiques convaincues de pouvoir les instrumentaliser.

Mais ces alliances politiques ne suffisent pas à expliquer la dynamique proprement fasciste. Celle-ci repose également sur un ensemble de mécanismes idéologiques relativement stables entre les différents mouvements fascsites.

III – Comment fonctionne une idéologie fasciste

Le philosophe Jason Stanley propose d’analyser le fascisme non comme une doctrine parfaitement cohérente mais comme un ensemble de mécanismes idéologiques récurrents⁶. Umberto Eco évoquait pour sa part l’existence d’un « ur-fascisme », c’est-à-dire une structure idéologique souterraine susceptible de réapparaître sous des formes diverses dans des contextes historiques différents⁷.

Pris isolément, chacun de ces mécanismes peut exister dans d’autres régimes politiques. C’est leur combinaison qui produit une dynamique spécifiquement fasciste.

1 – La restauration d’une Nation humiliée

Comme déjà évoqué, le fascisme promet de restaurer une nation prétendument affaiblie ou humiliée (cf. les travaux de Pierre Milza). Mais ce qui constitue la pierre angulaire de la construction de cette idéologie est la désignation de responsables de cette décadence. Ils un groupe social spécifique, que ce soit les immigrés, les gauchistes ou communiste, les libéraux, les homosexuels, les féministes, et surtout leur influence sur la société serait permise par les les institutions (médias, universités, écoles) contrôlées par ces forces hostiles. Ce danger apparaît donc comme extrême et justifie le recours à l’autoritarisme car la structure politique même est gangrénée.

C’est pourquoi ces mouvement font régulièrement appel à une figure masculine forte capable d’incarner la nation et de faire face à ces menaces.

2 – Le mythe d’un passé glorieux

La décadence de la nation humiliée présuppose que la nation aurait autrefois dominé le monde. Sa grandeur aurait été confisquée par des forces internes ou étrangères. Cela est particulièrement visible dans le nazisme. Dans Mein Kampf, Adolf Hitler développe ainsi une vision conspirationniste inspirée notamment des Protocoles des Sages de Sion, faux document élaboré par la police tsariste au début du XXe siècle et présenté comme la preuve d’un complot juif mondial.

3 – La propagande et la fabrication d’ennemis

Ces ennemis de la nation seraient omniprésents et menaçants. Ils chercheraient à détruire la nation, sa culture et ses traditions. La propagande fasciste repose alors sur une opposition simple : le peuple authentique et son leader d’une part et d’autre part les ennemis de l’intérieur.

4 – L’anti-intellectualisme

Face à cette propagande, les intellectuels, les universitaires et les experts sont perçus comme des ennemis, non seulement car ils soutiendraient les ennemis de la nation mais également de manière plus cynique car ils contredisent la vérité proposée par le dirigeant. Les institutions qui enseignent plusieurs points de vue sur l’histoire deviennent systématiquement suspectes. George Orwell résumait ce mécanisme en observant que le mensonge organisé constitue un élément structurel des régimes totalitaires et pas seulement des régimes fascismes : « Le mensonge organisé pratiqué par les États totalitaires n’est pas, comme on le prétend parfois, un expédient temporaire de même nature que la tromperie militaire. Il fait partie intégrante du totalitarisme et perdurerait même si les camps de concentration et les polices secrètes n’étaient plus nécessaires »

Inversement, la démocratie repose sur une forme minimale de vérité partagée. Les régimes fascistes détruisent ce socle en multipliant les mensonges politiques. Dans ce contexte, la véracité d’une affirmation importe moins que son efficacité politique.

5 – L’irréalité et le recours au mensonge

La démocratie repose sur l’existence minimale d’un espace commun de vérité. Les citoyens peuvent être en désaccord, mais ils doivent partager un socle factuel. Les régimes fascistes détruisent précisément ce socle.

La multiplication des mensonges, des théories complotistes et des récits contradictoires produit une forme d’irréalité politique. La vérité cesse d’être un critère de validité du discours public.

Dans ce contexte, l’efficacité politique d’une affirmation importe davantage que sa véracité.

Des exemples contemporains ont parfois illustré ce phénomène, notamment dans les stratégies discursives de Donald Trump, Jair Bolsonaro ou Boris Johnson16.

6- La hiérarchie des êtres humains

Non seulement le fascisme repose sur une hiérarchie entre les nations mais aussi entre certaines races, religions ou identités. Cette hiérarchie est présentée comme naturelle et moralement légitime. Ces doctrines s’appuient souvent sur des courants intellectuels du XIXe siècle : darwinisme social, racisme scientifique, antisémitisme.

7 – La victimisation des dominants

Une fois cette hiérarchie acceptée, un renversement rhétorique s’opère : les dominants deviennent les victimes. Les chrétiens allemands seraient victimes des juifs. Les blancs américains seraient victimes de l’égalité raciale. Les hommes seraient victimes du féminisme.

Effectivement, puisque ces minorités essaient de renverser un ordre naturel, elles menacent la position dominante légitime du Peuple.

8 – La loi et l’ordre

Dans le discours fasciste, la loi ne garantit pas l’égalité. Elle sert à définir qui appartient réellement à la nation. Le leader incarne l’ordre et ne peut donc, par définition, violer la loi. Les nombreux déboires politiques de Donald Trump aux Etats-Unis s’inscrivent parfaitement dans un tel cadre.

9 – L’angoisse sexuelle

Le fascisme mobilise fortement les peurs liées à la sexualité et à la famille puisque la famille devient la structure principale au travers de laquelle se manifeste l’ordre social érigée comme naturel par le fascisme. Ainsi, le discours politique fasciste invoque traditionnellement la protection des femmes et des enfants pour légitimer un pouvoir autoritaire qui vise à les protéger. Comme le pater familias protège sa famille, le dirigeant protège son peuple. Tout individu, tout mouvement accordant des libertés aux individus susceptibles de mettre à mal cette structure hiérarchique devient un danger. Le couple hétérosexuel devient la seule norme tolérable et tout individu cherchant à vivre librement mais sortant de ce cadre là devient une menace existentielle pour ce système. C’est pour cela que la Hongrie de Viktor Orban ou la Pologne limite les droits des femmes et opprime les minorités sexuelles. Leur existence même est susceptible de briser la structure sociétal promulgué par le régime en place.

C’est pour cela que quand le RN vote contre les droits des femmes, il est taxé de fascisme. Il ne fait que favoriser l’émergence d’une structure oppressive ayant trop souvent privé les femmes de liberté.

10 – Travail et exclusion

Au-delà de cette structure sociale conservatrice, le fascisme définit une valeur morale des individus reposant essentiellement sur leur capacité à travailler au sein d’un régime fasciste. Le slogan nazi « Arbeit macht frei » illustre tragiquement cette logique. C’est également dans cette lignée que s’inscrit le programme T4 visant à assassiner les personnes handicapées qui reposait sur l’idée de Lebensunwertes Leben, les « vies indignes d’être vécues ».

Lorsque ces différents mécanismes se combinent, on se rapproche d’une structure fasciste identifiable. Toutefois, une dimension essentielle du phénomène n’a pas encore été évoquée : la violence politique organisée.

IV – Violence politique et paramilitarisme fasciste

Ces différentes caractéristiques développées par Jason Stanley convergent dans l’exercice de la violence politique.

Historiquement, les mouvements fascistes ont entretenu un rapport étroit avec la violence politique. Celle-ci ne constitue pas simplement un moyen d’action ponctuel, mais un élément structurant de leur stratégie. Les milices paramilitaires de l’entre-deux-guerres telles que les squadristes italiens, les sections d’assaut nazies ou diverses ligues nationalistes européennes avaient pour fonction d’intimider les adversaires politiques, de briser les organisations ouvrières et de démontrer l’incapacité supposée de l’État libéral à maintenir l’ordre (cf. les nombreux cas actuels d’intimidation et de harcèlement par des mouvements d’extrême droite en France).

Cette dimension demeure visible dans certaines formes contemporaines de radicalité d’extrême droite. De nombreux travaux de sociologie politique montrent en effet que les violences idéologiques (et non religieuses) les plus graves, attentats, attaques armées ou assassinats politiques, sont aujourd’hui majoritairement associées à des mouvances d’extrême droite dans les démocraties occidentales¹¹. Ces violences reposent généralement sur une logique idéologique précise : la défense d’une identité nationale, raciale ou religieuse perçue comme menacée.

La violence devient alors un moyen de purification politique. Elle vise à éliminer des ennemis désignés comme responsables du déclin national.

Il est alors intéressant de comparer cette violence fasciste à celle de la radicalité d’extrême gauche. Sa violence se manifeste quant à elle selon des modalités différentes. Les formes d’action privilégiées relèvent plus fréquemment de la destruction de biens matériels, dégradations, incendies, sabotage, ou d’affrontements avec les forces de l’ordre. Si ces violences peuvent être spectaculaires et politiquement contestables, elles s’inscrivent rarement dans une logique d’élimination physique systématique d’un groupe social.

Cette distinction n’a pas pour objectif de relativiser certaines formes de violence militante, mais de souligner que les logiques idéologiques qui les sous-tendent diffèrent profondément. Dans les mouvements fascistes ou néofascistes, la violence contre les personnes est souvent justifiée comme une nécessité historique. Elle s’inscrit dans une vision du monde fondée sur la lutte existentielle entre groupes humains et implique donc le recours à la violence sur des individus.

V – Fascisme et politique contemporaine

Retournons au présent.

Les grands partis politiques actuels en France ne sont pas fascistes au sens historique ou politique. Cependant, une simple comparaison et mise en perspective avec les mouvements de l’entre-deux-guerres est prompte à susciter des inquiétudes chez tout ennemi du fascisme.

L’histoire politique montre en effet que les régimes autoritaires ne surgissent que rarement de manière brutale puisqu’ils s’inscrivent plus souvent dans des dynamiques idéologiques progressives qui modifient lentement le rapport d’une société à la démocratie, à l’autorité et à la violence politique. Ce sont donc les signes de cette évolution progressive vers le fascisme qui doit nous intéresser.

On peut rapprocher certaines évolutions politiques contemporaines de ce que l’on a appelé une « révolution conservatrice ». Ce terme, introduit par l’écrivain autrichien Hugo von Hofmannsthal au début du XXe siècle, désigne un ensemble de courants intellectuels de la droite nationale allemande qui, sans appartenir directement au mouvement national-socialiste, ont contribué à préparer son avènement.

L’intérêt de cette notion est de rappeler que les basculements autoritaires ne sont pas uniquement le produit de mouvements explicitement fascistes. Ils peuvent également résulter d’un climat intellectuel dans lequel certaines idées, notamment la critique de la démocratie libérale, la valorisation de l’autorité ou la méfiance envers les institutions, deviennent progressivement plus acceptables dans l’espace public (voir aux Etats-Unis les récriminations contre un supposé deep state).

Dans ce contexte, la question n’est pas seulement de savoir si des mouvements explicitement fascistes existent aujourd’hui, mais également d’observer comment certaines logiques idéologiques peuvent réapparaître sous des formes renouvelées.

VII – Néofascisme et antifascisme

La question du néofascisme demeure donc aujourd’hui ouverte. Les mouvements explicitement fascistes restent marginaux dans les démocraties contemporaines. Toutefois, certaines dynamiques politiques peuvent réactiver des mécanismes idéologiques comparables à ceux observés dans les années 1930 : rhétorique de la décadence nationale, désignation d’ennemis intérieurs, méfiance systématique envers les institutions démocratiques ou valorisation d’un pouvoir exécutif fort.

Face à ces évolutions possibles, les sociétés démocratiques sont confrontées à une difficulté intellectuelle et politique majeure. D’un côté, l’histoire du XXe siècle rappelle les dangers que peut représenter la banalisation de certaines idéologies autoritaires. De l’autre, l’usage inflationniste du terme fascisme risque de transformer ce concept historique précis en simple invective politique.

Face à toutes ces observations, je ne peux que vous invitez à la vigilance démocratique qui suppose de maintenir cette distinction : analyser rigoureusement les phénomènes politiques contemporains sans pour autant vider les concepts historiques de leur sens.

Sources

1 René Rémond, Les Droites en France, Aubier.
2 Ernst Nolte, Le Fascisme dans son époque, Fayard.
3 Pierre Milza, Les Fascismes, Seuil.
4 Robert Paxton, Le Fascisme en action, Seuil.
5 Johann Chapoutot, La Révolution culturelle nazie, Gallimard.
6 Jason Stanley, How Fascism Works.
7 Umberto Eco, « Ur-Fascisme », conférence publiée dans Cinq questions de morale.
8 Robert Paxton, Le Fascisme en action, Seuil, 2004.
9 Serge Berstein, Histoire du fascisme en France, Perrin, 2014.
10 Federico Finchelstein, From Fascism to Populism in History, University of California Press, 2017.
11 Cas Mudde, The Far Right Today, Polity Press, 2019.
12 Robert Paxton, The Anatomy of Fascism, Knopf, 2004.
13 Federico Finchelstein, From Fascism to Populism in History, University of California Press, 2017.
14 Enzo Traverso, Les nouveaux visages du fascisme, Textuel, 2017.
15 Isabelle Sommier. État des lieux des violences politiques de la France contemporaine. Revue politique et parlementaire.
16 Trump’s lies. New York Times.

Image de couverture : © Bundesarchiv, Bild 102-09844

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